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Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /Fév /2009 19:09

            Je me réveillais avec des chants d'oiseaux. Les rayons du soleil m'empêchent d'ouvrir les yeux, mais une petite patte de poils accompagnée d'un miaou interrogateur et me touchant la joue me décidait définitivement à sortir de mon sommeil. La petite minette a faim. Et puis moi aussi, finalement. Mmmh... Le ciel bleu traverse mes rideaux blancs. Je ramasse mon livre tombé sur le tapis... Jordan et The Dog Woman sont toujours là sur les pages, mais ma petite pensée séchée s'est retrouvée tristement abandonnée par terre. Peu importe, je relirai quelques pages avant d'arriver à celle où je me suis endormie.

D'abord un peu d'eau fraîche pour réveiller mon visage, puis la bonne odeur de café pour la tête. Tout ceci après la gamelle de ma belle bien sûr. Et un peu de beurre sur du pain grillé pour ma propre gamelle. Ce sera également le petit déjeuner de ma mini maison de campagne, puisque cette typique odeur, chatouillante aux narines, embaume toute la pièce.

            Aujourd'hui est un jour pour se promener. Aujourd'hui est un jour pour recevoir les rayons du soleil, tout comme les têtes des fleurs se tournent instinctivement vers sa lumière. Un tour de clé dans la serrure (inutile en réalité car j'ai laissé une fenêtre ouverte), le grincement du mécanisme caché, et me voilà partie sur le petit chemin bordé d'herbe printanière. Minette me suit sur ses pattes de velours, mais bien vite un papillon jaune virevoltant détourne son attention.

 

            Au loin, on entend la rivière couler doucement. Encore plus loin, c'est la cloche du village qui sonne dans l'air frais du matin. Et moi, je cliquète au milieu des champs... ou plus précisément, le sac-à-dos que je transporte: un paquet de biscuits, une bouteille d'eau, des mouchoirs, mon livre, les clés, mon téléphone portable (je ne sais pas pourquoi d'ailleurs car il n'y a pas de réseau), mon baladeur, quelques pansements, une écharpe et un sac en plastique pour les "au cas où", quelques bouts de nature et des poils de chat. Je suis parée pour au moins une heure de ballade. Déguisée comme un escargot sur la route. Et selon l'envie, selon l'humeur.

            D'une pierre à l'autre, je traverse la rivière. Elle, traverse le paysage comme un collier de diamants posé sur le buste d'une femme. Je pars à la recherche de châtaigniers dans la forêt. Avec leurs feuilles minutieusement pliées et dentelées.

             Il doit être aux environs de midi. Je m'arrête dans une clairière et me mets au soleil, adossée contre un arbre. Mon paquet de biscuits me semble bien appétissant et je crois que je vais m'arrêter là pour l'exploration. Les oiseaux piaillent sur les arbres clairsemés. Mon livre m'attire l'œil, c'est un bien bel endroit pour retrouver la page où je m'étais arrêtée. Une heure passe. Je ferme un peu les yeux et imite les fleurs.

 

            Je me levai. Rassemblai mes affaires. Combien de temps ai-je dormi? Le soleil est encore haut dans le ciel, il ne doit pas être très tard. Et me voilà sur le chemin du retour. Un autre chemin fit un croisement devant moi. Comment se fait-il que je ne l'aie pas remarqué à l'aller, un panneau en marque l'emplacement. Il dit: "Les tiroirs de lyou". Un vieux panneau en bois dont la peinture blanche avait été usé et écaillé par le temps. J'en avais entendu parler... probablement lorsque je suis arrivée ici. Après tout, je peux reprendre mon exploration.

J'arrivai alors dans un endroit où les arbres étaient plus denses. Pas très sécurisant... Je n'aurais pas dû regarder tous ces films d'horreur, plus jeune. D'énormes rochers décorent par-ci et par-là cette partie de la forêt. Au détour de l'un deux, une clairière s'ouvre. Et là, au centre, légèrement rehaussée, se trouve une vieille porte en bois, supportée par un pan de mur en ruine. A travers le temps, de toute une maison, il ne reste qu'un pan de mur et sa porte d'entrée. Qui passerait par une porte d'entrée qui mène de l'extérieur vers l'extérieur?

            En m'approchant, je vis que ce qui restait du pan de mur était non fait de briques mais de tiroirs, des tiroirs emboîtés les uns sur les autres... Certains étaient en bois, d'autres en métal, et d'autres encore arboraient un revêtement de tissu. Certains étaient en piteux états, quand d'autres semblaient neufs. Et quelques uns étaient fermés d'un cadenas. L'un d'entre eux, légèrement ouvert, invitait le regard du promeneur. Le bois est brut et semble avoir été taillé dans le bloc. Il semble avoir passé bien des années, mais n'a pas été abîmé. La curiosité me pousse à jeter un œil à l'intérieur. Le blanc d'une feuille en papier jauni et poussiéreux reflète la lumière contre le bois plus sombre.

            J'ouvre lentement le tiroir. Il est le gardien d'un feuillet de quelques pages. Avec précaution, je le prends. Et je commence à le lire. Ce que je lis, c'est ce que vous êtes en train de lire.

 

            Un rayon de soleil m'éblouit. Une petite patte de poils accompagnée d'un miaou interrogateur me touche le visage.

Par lyou
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